1. Cri à l’angle des rues Pavillon et Gallait
  2. Cri Place Eugène Verboekhoven, Schaerbeek
  3. Cri Place Flagey, Ixelles
  4. Cri Place Houwaert, Saint-Josse
  5. Cri Place de la Liberté, Bruxelles
  6. Cri Place du Conseil, Anderlecht
  7. Cri Vers la Gare du Nord, Place Gaucheret
  8. Cri Place du Béguinage
  9. Écrire un mot

Samedi 9 avril 2011, 17h : Avant de porter le nom de cet industriel et chimiste, la place se nommait "place du Marché", et le Théâtre Lyrique s’y trouvait. Les projets de cette place ont été nombreux et ont bien souvent échoués.

Mais c’est où la place Solvay ?
Elle est juste là, après le long couloir de la gare du nord.
Ha ! Là où il y a des petites collines vertes ?
Non, ça c’est déjà l’étrange place Gaucheret.
La place Solvay c’est un boulevard en bas de la gare du nord !
Là où il y a les Bus Eurolines !! ?
Exactement ! La place Solvay, c’est nul part et entre tout.

C’est à côté de la rue du progrès, de la rue d’Aerschot, de la place Gaucheret. C’est un quartier qui crie la vie alors qu’on lui annonce la mort.

Elle se situe tout près de la rue du Progrès, où une trentaine d’habitations sont menacées de destruction depuis cinq années à cause du projet ferroviaire dit du ’ quadrilatère nord ’. 200 habitants vivent ici dans l’incertitude de pouvoir y rester...

Vers le Cri :

Je suis allée installer la boîte aux lettres. Je l’avais accrochée en face du petit marchand de légumes. Une fois en place, je l’ai observée de loin. En moins de dix minutes, des enfants y mettaient des déchets, au bout d’un quart d’heure, ils essayaient de l’enlever. Le marchand de la place m’a dit : "Ta boîte aux lettres ne passera jamais une nuit ici."
J’ai donc cherché où l’installer, et très vite les gardiens-animateurs du Parc Gaucheret l’ont joyeusement accueillie dans leur foyer ouvert à tous. En deux jours j’avais rencontré les piliers de la place. Ou plutôt ils étaient venus me trouver… La boîte s’est remplie abondamment, les rencontres furent fortes et l’accueil incontestablement chaleureux.

Je me suis installée sur une des petites collines de la Place pour le Cri. Des enfants étaient collés à moi, n’en revenant pas de voir que j’allais effectivement crier les mots récoltés. De loin on ne voyait plus qu’un porte-voix élevé au dessus de la petite bande.
Les ballons ont volé, cogné, les gens écoutaient de loin, les gens continuaient comme si de rien n’était.
Quelques personnes étaient venues spécialement pour le Cri, elles n’avaient jamais mis un pied dans ce quartier.
Au loin on entendait pendant le Cri des "Ta Gueule", des "qu’est-ce qu’elle a dit sur les bulgares ?", "ça c’est moi qui l’ai écrit !"

L’acte est fini. Les enfants veulent entendre encore, écrire encore, le Cri. Le Cri encore.

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